• Dame Johanne

    Le Tisserand : très présents dans les campagnes, ils tissaient différents tissus sur des métiers mécaniques. Le plus souvent, ils travaillaient la laine, la cardaient, la préparaient et la filaient avant d'en faire du tissu.
    C'est un des plus vieux métier attesté. Aussi vieux que l'idée de se séparer des fourrures pour s'habiller d'étoffes...

    Dame Johanne  Dame Johanne   Dame Johanne  


    Je suis née dans les terres du comté de Provence au milieu des moutons. Nous vivions dans la misère, mon père était foulonnier(1). Enfant, on m'envoya dans ma famille, sur les terres du Seigneur de l'Estendard, "loin de la disette et sous bonne protection" me promettaient-ils...
    Je n'y restai pas longtemps, à cause de mauvaises récoltes et d'une masure déjà bien pleine de bouches à nourrir.

    C'est chez les sœurs de Belle-Celle, monastère de la Vierge noire d'Entraygues, que je finis ma jouvence...Silenci, prèga, trabalh ... es trop !
    Un soir de vespres, je partis à la brune(2) et je suivis le chemin de La Cauna. Libertat !
    C'est dans les ruelles sombres du vieux bourg que je trouvai ma couche, chez la Peyrote, tavernière et bordelière(3) à ses heures perdues. Entre quelques rapines et destroussages de nobliaux, j'y appris les jeux. Alquerque, mérelle et jeu du pot n'avaient plus aucun secret pour moi et me permettaient parfois, grâce à quelques entourloupes, de gagner quelques sous. C'est aussi là que j'appris la danse, saltarelles et bransles.

    Mais cette vie de ribaude dut prendre fin, car les habitants craignaient que nous dévergognions d'honestes femmes. Aussi, Guilhem d'Esperiat, Senéchal de Castres, nous bouta hors la cité.

    C'est sur les routes, infestées d'houliers(4) et de coupe-gorges, qu'il nous fallut trouver pitance et breuvage. D'une taverne à une autre, chemin faisant, je me suis retrouvée un jour aux portes de Puycavel.

    Fanfaronne que je suis, ma jactance me permit de me lier avec la Baronne et sa fillotte, qui me donnèrent protection contre corvées et besognes. Et depuis peu, comme mes aïeux, car je porte cela dans mon sang, je travaille la laine : je tonds les moutons, je lave les toisons à la rivière, je les carde, je file la laine, je la teins avec des pelures d'oignons, du brou de noix ou des baies de sureau et je la feutre ou je la tisse. J'aime aussi tous les travaux d'aiguille que je fais quand j'ai fini mes tâches au Castel : couture, broderies, passementeries ...

    (1) ouvrier travaillant dans un foulon, moulin hydraulique qui assouplit et dégraisse les tissus, les cuir ou la laine par trempage et l'action de lourds maillets.
    (2) au crépuscule.
    (3) tenancière d'un lupanar ou prostituée
    (4) proxénète

           

      la Compagnie
    La Compagnie

    « JacquesJosé le galicien »

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