• Dame Brigitte

    Le Bouissier : il travaille le cuir et fabrique ou répare des chaussures, telles que les poulaines ou les bottes.
    On l'appelle aussi sueur, de sutor (celui qui coud) ou encore
    corvoisier, cordouinier, de cordoan (XIIe), en référence à Cordoue, ville andalouse réputée pour son cuir estampé. Avec le temps le mot est devenu cordonnier.

           

    Incontournable déesse trinitaire pour le peuple d'Irlande ou sainte patronne fondatrice du couvent de Kildare, j’ai trop longtemps subit le poids de mon prénom, comme un fardeau. L’année de mes dix-sept printemps, j'ai donc quitté la Brighid que j'étais, pour m'embarquer loin de ces vilaines contrées d’Irlande sous le nom de Brigitte, avec pour seul compagnon, un bâtard nommé Attila, croisement hasardeux d’un de ces monstrueux chiens de guerre dont raffolent les anglois et d'une de nos fières lévrier irlandais.

    Flanquée de mon fidèle protecteur, j'ai ainsi pu traverser maintes contrées, sans craindre les voyageurs par trop pressant. Ma quête d'un havre de paix, m'a finalement amenée en Occitanie, sur la Seigneurie de Hautpoul, forteresse connue pour abriter de nombreux dissidents chrétiens.

    Le Seigneur Izarn remarqua mon travail et me permit de tenir botica(1) de bouissier(2) et me pris à son service. Mes sandales, poulaines et bottes rencontraient un vif succès auprès des riches habitants du Haupoulois et j'acquis une renommée locale.

    Un matin frais d'automne, je vis débarquer dans mon atelier, un grand gaillard aux intonations ibériques. Il se faisait appeler José le galicien, cherchait du travail et je compris vite que, comme moi, il fuyait les persécutions.

    De fils en aiguilles, après quelques mois à partager la même table de travail, nous finîmes par nous épouser et vécûmes un temps heureux et sereins.

    Mais aux premiers jours du mois d’avril de l’an 1212, notre belle citadelle tomba aux mains de Simon de Montfort qui, sans manifester la moindre compassion, passa par l'épée, hérétiques et Seigneurs entrés en résistance.

    Trop peu furent ceux qui, comme nous, purent s’enfuirent... Nous laissâmes derrière nous moult amis et souvenirs gravés à jamais dans nos cœurs. De villages en villages, de bourgs en bourgs, nous pûmes survivre grâce à notre labeur, cachant notre fuite qui perdure toujours.

    (1) botica : (occitan) boutique (mi XIIIe)
    (2) bouissier : cordonnier

           

     






    « José le galicienKevin »

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